Stratégie nationale Sport-Santé 2025-2030 : 5 objectifs pour réduire la sédentarité et agir à tous les âges

Stratégie nationale Sport-Santé 2025-2030 : 5 objectifs pour réduire la sédentarité et agir à tous les âges

La Stratégie nationale Sport-Santé 2025-2030 fixe la feuille de route française pour faire de l’activité physique un levier durable de prévention, de bien-être et de santé publique. Elle concerne toute la population et accorde une attention particulière aux publics les plus éloignés de la pratique : jeunes, femmes, actifs, personnes avançant en âge et patients atteints de maladies chroniques.

Un cadre national pour bouger davantage et rester moins assis

La Stratégie nationale Sport-Santé, souvent désignée par le sigle SNSS, est le cadre national de référence en matière de sport-santé depuis 2019. Sa nouvelle période d’application couvre les années 2025 à 2030. Elle ne cherche pas seulement à encourager la pratique sportive. Elle vise aussi à réduire la sédentarité et à rendre les environnements de vie plus favorables au mouvement.

Infographie de la stratégie nationale Sport-Santé 2025-2030 présentant ses cinq objectifs et ses douze actions
Infographie de la stratégie nationale Sport-Santé 2025-2030 présentant ses cinq objectifs et ses douze actions

Cette approche distingue deux réalités complémentaires. L’activité physique englobe tous les mouvements du quotidien : marcher, se déplacer à vélo, monter les escaliers, jardiner, travailler physiquement ou pratiquer une discipline sportive. La sédentarité désigne les périodes prolongées passées assis ou allongé hors sommeil, notamment devant les écrans, au bureau ou dans les transports. Une personne peut donc faire du sport régulièrement tout en restant très sédentaire. Ces deux sujets doivent être traités ensemble.

La stratégie repose sur une approche systémique. Elle cherche à agir dans les lieux où les habitudes se construisent : école, université, entreprise, quartier, structures de soins, établissements médico-sociaux et espaces publics. Cette orientation doit aussi contribuer à réduire les inégalités sociales et territoriales de santé, qui influencent l’accès aux équipements, aux transports actifs, aux créneaux de pratique et à un accompagnement adapté.

Entre l’envie de « se remettre au sport » et la possibilité de pratiquer au quotidien, l’écart peut être important : horaires incompatibles, absence de lieu sûr, coût, crainte du regard des autres ou état de santé. Une politique sport-santé ne peut donc pas reposer uniquement sur la motivation individuelle. Elle doit améliorer l’accessibilité des activités, l’information et la continuité entre le soin, le travail, l’école et la vie locale.

Les cinq objectifs qui structurent la période 2025-2030

La stratégie organise ses priorités autour de cinq objectifs majeurs. Ils couvrent toutes les étapes de la vie et associent prévention, maintien de l’autonomie et recours thérapeutique à l’activité physique.

La stratégie officielle pour développer le sport-santé 2025-2030 — Découvrez le document de référence et sa synthèse PDF présentant les priorités et actions de la Stratégie Nationale Sport-Santé 2025-2030.

Objectif Finalité principale Milieux et publics particulièrement concernés
Rendre la pratique accessible à tous Créer les conditions d’une activité physique régulière, quels que soient l’âge, la situation sociale ou le territoire. Population générale, publics éloignés de la pratique et territoires inégalement équipés.
Augmenter l’activité physique des jeunes Installer tôt des habitudes actives et limiter les comportements sédentaires. Enfants, adolescents, étudiants, écoles et universités.
Développer l’activité physique au travail Sensibiliser les acteurs et intégrer davantage de mouvement dans le monde professionnel. Actifs, employeurs et organisations de travail.
Prévenir la perte d’autonomie Préserver les capacités fonctionnelles et la qualité de vie avec l’avancée en âge. Personnes avançant en âge et structures d’accompagnement.
Renforcer l’activité physique adaptée Développer son recours à des fins thérapeutiques pour les patients concernés. Personnes vivant avec une maladie chronique ou une situation de santé particulière.

Les jeunes et les femmes, des priorités fortes

Les jeunes constituent une cible centrale. Selon les données reprises dans la stratégie, 79 % des adolescents de 11 à 17 ans ne suivent pas les recommandations d’activité physique. Les écarts entre filles et garçons appellent aussi une attention particulière : 33 % des filles de 6 à 17 ans atteignent les recommandations, contre 51 % des garçons. La stratégie cherche donc à agir sur les occasions de bouger, les représentations sociales, les conditions d’accueil et l’accès effectif à une pratique choisie.

Les femmes forment un public prioritaire transversal. Chez les adultes, 40 % des femmes se situent sous les niveaux recommandés d’activité physique, contre 30 % des hommes. Ces différences peuvent être liées au temps disponible, à la charge familiale, au sentiment de sécurité, aux pratiques proposées ou encore au rapport au corps. Une réponse adaptée doit tenir compte de ces freins sans enfermer les personnes dans des parcours standardisés.

Comment comprendre les 12 actions prioritaires

La SNSS 2025-2030 prévoit 12 actions concrètes, réparties en 4 actions transversales et 8 actions ciblées. Les premières créent un socle commun favorable à toute la population. Les secondes répondent aux besoins propres à certains publics ou à certains milieux de vie.

Quatre actions transversales pour créer des conditions favorables

Les actions transversales portent sur les conditions d’une pratique accessible à tous. Elles répondent à l’idée que l’activité physique ne doit pas dépendre exclusivement de l’âge, du lieu d’habitation, des ressources disponibles ou de l’état de santé. Elles s’inscrivent dans une logique d’universalisme proportionné : agir pour tous, tout en adaptant davantage les réponses là où les besoins sont les plus importants.

Cette orientation inclut la lutte contre les inégalités de pratique. Les écarts sociaux apparaissent dès l’enfance : les enfants d’ouvriers ont deux fois plus de risques d’être en surpoids que les enfants de cadres supérieurs, et quatre fois plus de risques d’être en situation d’obésité. Favoriser le mouvement suppose donc de prendre en compte les contraintes matérielles, les possibilités d’encadrement et l’aménagement des lieux de vie.

Huit actions ciblées selon les âges, les situations et les lieux

Les huit actions ciblées déclinent les priorités auprès des jeunes, dans le monde professionnel, pour les personnes avançant en âge et pour les patients pouvant bénéficier d’une activité physique adaptée. Elles prennent aussi en considération les femmes et les personnes les plus éloignées de la pratique sportive. Le but est de rapprocher les dispositifs des réalités vécues, plutôt que de proposer une réponse identique à tous.

La santé mentale forme un fil conducteur de cette période. L’activité physique et sportive peut contribuer au mieux-être psychologique, au lien social et au sentiment de capacité, sans se substituer aux soins lorsqu’ils sont nécessaires. Cette orientation rejoint la Grande Cause Nationale 2025 dédiée à la santé mentale et renforce l’intérêt d’actions accessibles, inclusives et non stigmatisantes.

Activité physique adaptée : quelle place pour les patients ?

L’activité physique adaptée, ou APA, désigne une pratique conçue en tenant compte des capacités, des besoins, des limitations fonctionnelles et de l’état de santé de la personne. Dans le cadre de la stratégie, elle peut être mobilisée à des fins thérapeutiques, notamment pour les personnes atteintes de maladies chroniques.

L’APA ne consiste pas simplement à « faire du sport moins intensément ». L’adaptation peut concerner le type d’activité, la durée, l’intensité, le rythme de progression, l’encadrement ou les conditions matérielles. Selon la situation, un professionnel de santé peut orienter la personne vers un parcours approprié. L’objectif est de sécuriser la pratique et de l’inscrire dans une démarche cohérente avec la prévention, les soins et le maintien de la qualité de vie.

Cette dimension thérapeutique complète la prévention générale. La stratégie relie ainsi plusieurs objectifs : faire bouger davantage la population, limiter le temps assis, prévenir la perte d’autonomie et mieux intégrer l’activité physique dans les parcours des personnes malades. Le sport-santé ne se limite donc ni à la performance ni à la compétition.

Liens avec le PNNS 5 et accès aux documents officiels

La Stratégie nationale Sport-Santé s’articule avec le Programme national nutrition santé 5, dont elle forme le volet consacré à l’activité physique et à la réduction de la sédentarité. Le PNNS 5 s’inscrit lui-même dans la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat, ou SNANC. Cette cohérence permet de traiter ensemble plusieurs déterminants de santé : alimentation, activité physique, environnement et prévention.

Pour consulter le document de référence, les mesures détaillées et la synthèse téléchargeable, il est préférable de se reporter aux publications des administrations compétentes. La page consacrée au sport-santé du ministère des Sports et les ressources du ministère chargé de la Santé donnent accès aux informations institutionnelles associées à la stratégie.

La période qui court jusqu’en 2030 offre un cadre de mise en œuvre dans les territoires, les établissements et les organisations. Les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver prévus en 2030 dans les Alpes françaises fournissent aussi un repère symbolique. L’enjeu central reste quotidien : faire de l’activité physique une possibilité réelle pour chacun, tout au long de la vie.